Ramulariose de l’orge : une menace silencieuse à maîtriser
La ramulariose, causée par le champignon Ramularia collo-cygni, est apparue en France en 2002, mais son impact ne cesse de croître. Cette maladie foliaire touche les orges d’hiver et de printemps, avec des symptômes caractéristiques : petites taches rectangulaires brunâtres entourées d’un halo jaunâtre, visibles sur les deux faces des feuilles. Attention, ces lésions peuvent être confondues avec celles d’autres maladies comme l’helminthosporiose. Un diagnostic fiable consiste à observer, à la loupe, la présence de spores blanches alignées sur la face inférieure des feuilles.
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Des conséquences économiques majeures
Dans les essais mis en place par le service technique de Soufflet Agriculture sur sa zone de chalandise, la ramulariose peut entraîner des pertes de rendement allant de 2 à 3 quintaux par hectare mais, dans des cas extrêmes observés en Allemagne, le champignon peut provoquer jusqu’à 50 q/ha de pertes. En France, cela représente une perte économique qu’il ne faut pas négliger lors des années à forte pression. La maladie accélère la sénescence des feuilles par production de toxines photosensibles, ce qui « brûle » la culture prématurément et réduit la capacité de remplissage des grains.
Facteurs de risque et cycle de développement
La contamination provient principalement des semences et se propage par éclaboussures lors des pluies (« splashing »). Les conditions favorables : hygrométrie élevée (rosées), températures modérées (15-25 °C) et fort rayonnement lumineux. Les attaques sévères coïncident souvent avec des périodes humides fin mai-début juin. À noter : la maladie reste longtemps asymptomatique avant de se révéler sous stress (floraison, excès d’eau).
Pourquoi la lutte est‑elle complexe ?
Contrairement à d’autres maladies, les leviers agronomiques (rotation, travail du sol, choix variétal) sont peu efficaces contre la ramulariose. De plus, la résistance aux fongicides unisites (SDHI, QoI, triazoles) est désormais bien documentée en France. Les solutions curatives sont inefficaces : une fois les symptômes visibles, il est trop tard pour agir.
Quelles stratégies pour 2026 ?
La lutte repose sur l’anticipation et la diversification des modes d’action :
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Recours aux semences certifiées : la qualité sanitaire certifiée assure un taux d’infection plus faible que des semences de ferme non analysées.
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Traitement préventif : intervenir avant l’apparition des symptômes, en cours de montaison.
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Combiner fongicides unisites et multisites : le folpel, molécule multisite, est aujourd’hui la référence pour limiter les résistances et renforcer la protection.
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Programmes recommandés : associer prothioconazole ou méfentrifluconazole avec folpel au T2 (sortie des barbes), éventuellement compléter au T3 selon la pression.
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Surveillance : pas de modèle prédictif fiable, mais une expertise terrain reste indispensable.
En résumé
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